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Station Moustérienne

Mutzig Felsbourg 18 

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L'environnement de l'Homme de Néandertal, la chaîne alimentaire

Les nombreux fragments osseux et dents recueillis sur le site d'habitat nous permettent de reconstituer la mégafaune du Pléistocène supérieur chassée et dépecée in situ. Cette faune est aussi un bon indicateur paléoclimatique, caractérisant un climat continental froid, de type continental périglaciaire à saisons contrastées, nous renseignant sur l'environnement végétal de cette période, identique à la toundra, taïga du nord de la Scandinavie actuelle : tourbières, végétation herbacée de steppe et de bord de marécage, bouleau, saule, épicéa, sapin. Après étude paléontologique, nous avons pu reconstituer la pyramide alimentaire de la faune des grands mammifères tués puis découpés au campement, au pied du Felsbourg.
Mutzig, Felsbourg est un des rares sites alsaciens ayant livré des restes osseux abondants et relativement bien conservés, datés du Pléistocène supérieur. Associée à un riche matériel lithique du Paléolithique moyen, la faune permet de mieux appréhender le paléoenvironnement et, surtout, les comportements de subsistance des Néandertaliens de cette région, qui étaient jusqu'alors très mal connus.

Jean CHALINE, Directeur de Recherches au Centre des Sciences de la Terre de l'Université de Bourgogne, a étudié la microfaune. Les petits rongeurs, excellents indicateurs climatiques, déterminent les conditions spécifiques à leur développement. L'association du campagnol des hauteurs de Sibérie (Microtus grégalis), confirmant l'existence de la steppe, du campagnol nordique (Microtus oeconomus) vivant dans les marécages froids, ainsi que du rat taupier (Arvicola terrestris), préférant les abords des cours d'eau, confirme la présence des zones marécageuses et implique un climat rigoureux, de type périglaciaire, où le dégel transformait chaque année la basse vallée de la Bruche en zone marécageuse à la fonte des neiges.

Marylène PATOU-MATHIS, Chargée de Recherches au Laboratoire de Préhistoire de l'Institut de Paléontologie Humaine de Paris, a pu réaliser une étude exhaustive des restes de grande faune, qui a permis de déterminer une dizaine d'espèces animales différentes. Le paysage environnant et le climat d'alors ont ainsi pu être reconstitués. Pour l'ensemble des couches, l'origine anthropique des ossements de grands mammifères est incontestable. Les carnivores n'ont eu aucune influence notable ; seuls quelques renards et loups ont pu effectuer des passages furtifs après le départ des hommes, comme l'attestent les marques de rongements sur certains os.

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