CS@
Station Moustérienne

Mutzig Felsbourg 16 

Géologie, Neandertal en Alsace, Station de Mutzig, Station de Nideck, Infos, Fond écran,
Homepage, Choix, Introduction, Sommaire, Film, Dna, Publications, Liens, Livre d'Or, E-mail


Pour produire un éclat Levallois, il faut prendre un galet assez plat, que l'on va épanneler sur sa périphérie par une série d'enlèvements plus ou moins contigus. A partir de ces enlèvements, pris comme plan de frappe successifs, on forme la partie supérieure du nucleus par des enlèvements centripètes minces et de faible dimension qui donnera au nucleus une allure plus ou moins bombée (dos de tortue). Un plan de frappe est ensuite préparé à une des extrémités du nucleus, soit par petites facettes, soit par un dièdre ou encore par un large enlèvement unique. La dernière opération consiste à donner un coup de percuteur en pierre sur ce plan de frappe, ce qui détachera un éclat de forme ovalaire de grande dimension en recoupant les surfaces des enlèvements centripètes.

La technique de taille " Levallois " est de bonne facture au Felsbourg, compte tenu de l'hétérogénéité des matériaux utilisés. Elle permet d'obtenir des éclats assez minces, souvent à pointe déjetée ; les talons sont larges et obliques, avec un bulbe bien marqué.
Grâce à la conservation intégrale de tous les déchets de taille, une étude exhaustive du débitage a été rendue possible, permettant ainsi de mieux appréhender les gestes et les techniques mis en œuvre par l'Homme de Néandertal dans ce secteur. La série lithique se compose de 65 pièces retouchées, 600 éclats de débitage et environ 700 éclats de petites dimensions. Chacune de ces pièces a été prélevée, notée sur un plan au cours de la fouille, puis lavée et numérotée, afin de pouvoir l'identifier à chaque étape de l'étude.
Sur le site de Mutzig 1, l'observation minutieuse et le relevé précis des objets découverts dans chaque carré ont permis de repérer plusieurs secteurs de taille qui se caractérisent par la densité des éclats et de l'outillage. L'atelier le plus représentatif est celui de la couche 5, où les éclats de débitage forment une nappe pratiquement continue sur plus de 2 m2.
Plus de 1300 pièces (éclats de débitage, pièces retouchées, chutes diverses) ont été recueillies à Mutzig 1.

Les produits de débitage, outils de Mutzig 1 - 1992 : éclats, racloirs, denticulés, couteaux à dos



De plus, grâce à la conservation intégrale de tous les déchets de taille, les diverses phases de l'opération, du galet brut à l'outil prêt à servir, peuvent être étudiées et reconstituées. Les outils représentent 9 % du matériel lithique découvert sur le site et sont donc peu nombreux, par rapport à l'énorme masse des éclats de débitage. Ce sont des outils sur galets (ou éclats de galets) qui peuvent être répartis en trois principales catégories :
- les racloirs (14 % du matériel retouché) : ils sont façonnés sur éclats ou sur lames à bords droits ou arrondis. La retouche est très variable, parfois irrégulière abrupte, parfois semi-envahissante ou encore continue régulière semi-abrupte. Leur fonction est de racler des peaux, de fendre des baguettes de bois ou d'os. (cf. planche : racloirs et raclettes)
- les denticulés (20 % du matériel retouché) : ils sont de dimensions très variables, conservant parfois les zones polies des galets dont ils ont été tirés. De technique généralement Levallois, ils présentent des lignes de fines retouches sur un ou plusieurs bords, et peuvent faire office de scie pour racler le bois ou la corne. (cf. planche : denticulés, raclettes, coches et burins)
- les couteaux à dos : nombreux et variés, ils représentent 31 % du matériel retouché. Ce sont des outils façonnés sur éclat allongé ou large lame épaisse à section triangulaire présentant un bord tranchant opposé à un bord épais naturel ou retouché. C'est un outil coupant, pour désarticuler un animal ou trancher la viande, les tendons. (cf. planche : couteaux à dépecer et couteaux à dos)

CS@