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Entre Alsace et Vosges

Géologie du val de Bruche 2

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Secteur du Bas-Climont

Col de Steige, Ranrupt, la Salcée, Bourg-Bruche, le Hang, Est de Saales ; (secteur A, croquis )




Clichés: affleurements de schistes argileux en crayons dans le Col de Steige (1, 2, 3)
, schistes verts chloriteux de Villé (4),
s
chistes et phyllades de Breitenbach plissés en chevrons, ayant subis le métamorphisme de contact d'Andlau-Villé (5, 6, 7),
(8)
Vue du massif du Donon depuis le plateau de la Boucherie et les versants du Château de la Roche (massif du Champ-du-Feu ouest).

A cette époque, au Silurien (-435, -395 millions d'années), l'actuelle haute vallée de la Bruche et l'Alsace sont sous des mètres d'eau d'une mer profonde ou se déposent des sédiments fins argileux de grands fonds marins : vases fines et boues viennent former des couches qui vont se surimposer et se liter finement au cours des temps, par diagénèse (expulsion de l'eau, induration des sédiments), pour former des schistes fins ardoisiers, phyllades verdâtres à chlorite et séricite (schistes de Villé), et schistes rouge brique rubéfiés (8), à débit en crayon (schistes de Steige).

Ces séries affleurent principalement dans le val de Villé où elles sont très présentes sous forme de lambeaux partiellement métamorphisés au contact du Champ-du-Feu Sud tout proche. Dans le secteur dont s'occupe le C.V. Strasbourg ces terrains s'avancent en un large ruban de 4500 m de large : "les écailles tectoniques du Climont" (les schistes de Steige chevauchant en contact anormal ceux de Villé). Cette formation s'étend hors du val de Villé en direction de l'Ouest, entre Ranrupt et sous le Climont, s'avançant jusqu'à Saales. L'ascension du Climont depuis la Salcée, par les chemins rectangle et triangle bleus traverse ces séries schisto-argileuses siluriennes qui donnent aux pieds de versant Nord et Ouest du Climont leur topographie de surface remarquable. Ces terrains forestiers du Bas-Climont, Bois de l'Evreuil sont parcourus par de nombreux petits ruisseaux qui entaillent ces schistes en des vallons aux pentes abruptes et secteurs bas où l'accumulation d'argile crée de multiples petites fondrières propices aux hardes de sangliers.

Cliché (8): Si le randonneur observe en coupe la vallée de la Bruche entre Lutzelhouse et Saint-Blaise-la-Roche, depuis les flancs du Champ-du-Feu ou depuis les balcons gréseux de l'Ouest de la Bruche, il ne manquera pas de découvrir une singularité dans la topographie de la vallée. Les versants Est et Ouest montrent en effet une dissymétrie marquée : longs versants réguliers aux pentes arrondies et entaillées de grandes vallées secondaires pour les versants bordant le Champ-du-Feu, versants aux pentes changeantes, avec de petits plateaux intermédiaires (Basses de Wisches, les Quelles, Plaine, Saulxures), faisant place plus à l'Ouest à des versants raides, de pente forte 20 à 25° ou plus, caractérisant les rebords abrupts des promontoires gréseux s'alignant depuis le Rocher de Mutzig et le Donon, vers la Chatte Pendue et le Solamont. Ces topographies valléennes bien connues des randonneurs, trahissent une trame géologique en bandes sub-parallèles à l'axe de la Bruche, orientées Sud-sud-ouest - Nord-nord-est, mises en place à une époque où le volcanisme sous-marin et côtier régnait en maître absolu de la vallée, lui ayant insufflé ses plus belles formations géologiques : les formations volcaniques et volcanosédimentaires des terrains dévoniens du val de Bruche...

Secteur de Schirmeck, Rothau, Château de la Roche

Les Quelles, Nid des Oiseaux (601 m), Banbois, Plaine, Diespach ; Colroy-la-Roche, Château de la Roche (850 m), la Rothlach (959 m) ; (secteur B, croquis)

Le Dévonien (-395, -345 millions d'années) du val de Bruche à faciès Culm (= volcano-sédimentaire), plus connu régionalement sous l'appellation de "Dévono-dinantien du val de Bruche" est une période de transition entre les deux grands cycles d'orogenèse (Calédonien et Hercynien). Il a fourni l'une des trois formations principalement représentées dans la vallée, constituant les assises des versants à l'Ouest de la vallée. Les roches qui le représentent sont des schistes, quartzites (anciens grès recristallisés), grès, arkoses (roches argileuses micacées), grauwackes (dépôts volcano-sédimentaires à grains fins), lentilles de calcaires et marbres, phtanites à Radiolaires (vases siliceuses), brèches et conglomérats variés, laves andésitiques et dacitiques, rhyolites et leurs produits de remaniements, brèches spilitiques et kératophyres (anciens basaltes hypersiliceux), tufs et cinérites (lahars, cendres volcaniques, éjectats). Ces terrains primaires, mis en place aux temps hercyniens, témoignent, par leur nature très hétérogène, des rapides et forts changements affectant la région à cette époque. On peut supposer de hauts-fonds marins instables et des archipels isolés ou plus étendus de la mer Mésogée en progression, aux dépens de formations littorales à conglomérats, grauwackes (9), schistes à plantes, lentilles de calcaire récifal. Les conditions sont celles de dépôts sédimentaires bordiers continentaux à sédimentation à caractère flysch (dépôts en "vrac") et grauwackeux (sableux, plus finement lités) . Nous nous trouvons dans un secteur d'archipels à volcanisme sous-marin intense généré par la surrection de la chaîne hercynienne. Les roches du Dévonien bruchois ont donc des origines intimement liées à ce volcanisme d'accompagnement et ont été mises en place par les processus d'écoulement de laves (rhyolites), nuées ardentes, lapillis, retombées de cendres (tufs, cinérites...), constituant la famille des roches pyroclastiques (10) (secteurs de Lutzelhouse, Wisches, carrières d'Hersbach, Château de Schirmeck, Rothau, Nid des Oiseaux, les Quelles, Colroy-la-Roche - Château de la Roche). Les roches volcaniques sont donc fréquentes dans la haute vallée de la Bruche.

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